Comme un papillon, j'oublie le temps qui me reste et où la vie me conduit.Quelle importance, j'ai le coeur immense et le monde est petit. Ce qui compte, c'est d'avoir envie ( F.Gall)

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jeudi 20 septembre 2012

Cet été-là, j'eus envie...de sureau






Avertissement

C’est une histoire sans grande importance :une petite pièce en un seul acte , une anecdote familiale que nous avons classée, à présent,  dans les bons souvenirs et que nous ne sommes plus que deux à pouvoir évoquer, en souriant.

Plantons le décor …
Une maison de village ,partie d’une ancienne ferme en carré. Les façades arrières sont tournées vers les jardins imbriqués les uns dans les autres. Un sentier serpente qui les traverse et mène dans une petite vallée où l’oncle-parrain  de mon mari possède un terrain.…

Les rôles sont tenus par…

Tonton Jean dit aussi « Tonton-Sureau »
Suzanne, sa compagne,
Jacques dit aussi «  Mari- Chéri» ..
Et Danielle( moi ;-)
dans un rôle  à la fois cuisant et involontairement affriolant

L’action…

Été 1969.Danielle en est  encore à assumer pleinement, et avec le sourire,  ses tâches de femme et mère au foyer : ménage, lessive, couture, cuisine, confitures, conserves, etc. ,etc. Et justement, elle vient  de s’offrir un livre qui l’invite à utiliser les fruits dits sauvages. On y vante les mérites du sureau, et voilà que lui vient l’envie de se lancer dans la préparation de gelée et de sirop.

Oui, mais…

-            Jacques, tu ne sais pas où je pourrais trouver du sureau ?
-            Bof, qu’est-ce que j’en sais moi. T’as pas été voir dans la ruelle ( NB, le sentier qui traverse les prairies sises en face de chez nous)
-            Mais, oui, je suis allée , j’ai trouvé des mûres mais pas du sureau.
-            - Bon, bé,moi, je sais rien te dire d’autre.

Quelques jours plus tard la petite famille (ils ont une petite de trois ans mais le rôle n’a pas été distribué ) est en visite chez Tonton Jean.
- Tonton, tu ne sais pas où je pourrais trouver du sureau ? ( Danielle a de la suite dans les idées)
-Mins si fét, m’fîye i d’a bran.mint dins m’ djârdin, Si vos vlèz, on pout dalér vîr ( je dois traduire ?)

Sitôt dit, sitôt fait..
Tonton-Sureau passe devant, Mari-Chéri passe après lui, manque de s’étaler dans la prairie, négocie un rétablissement magnifique sous les yeux admiratifs de Danielle qui lui emboîte le pas…et là…un cri, que dis-je , un hurlement réveille tous les jardins.. c’est Danielle, elle  secoue sa jupe légère  tout en essayant de protéger son visage, court comme une folle vers la maison.Suzanne  comprend le drame qui se noue.

-Enlève ta robe, vite….vite…
 Une proche voisine arrive  aux nouvelles et à deux elles se mettent à décrocher les guêpes qui s’agrippent aux dessous de Danielle.

-            Les hommes, dehors,.Jean, filou  file, c’est pas ta place ici...et toi, Jacques….éloigne ta petite !

Debout, au milieu de la cuisine,  en petite tenue,  indifférente à l’arrivée des « messieurs » alertés et quand même inquiets, Danielle se laisse  libérer, frictionner, réconforter. L’aventure est cuisante , c’est le moins que l’on puisse dire.

 ***
Voilà, vous avez compris .Mon mari  a mis, par inadvertance,  le pied dans un trou. Il y avait des   locataires particulières, très irascibles qui  se sont précipitées sur celle qui enjambait leur nid et paf…en plein dans le mille quoi !

Abasourdis, les hommes m’ont vue me précipiter vers la maison, secouant ma jupe à tout va et là…le « déguêpage »… adieu retenue, adieu pudeur…de toute façon,  les yeux filous de Tonton-Sureau ont tourné en roue libre pour pas grand chose…merci maman, pour l’habitude des « petits bateaux » .Et plus encore, merci ,Marie-Chantelle, pour m'avoir protégée des douloureuses piqûres. Mes jambes n’ont pas été trop atteintes et ma personnalité est sauve. ;-)

 L’envers de la robe est soigneusement examiné. Je peux me rhabiller .J’ai un peu froid. Vite une couverture,  une petite goutte ! Mari-Chéri veut me conduire aux urgences…moi je m’accroche à ma chaise, je me sens mieux…je vais même très bien, j’ai été , contre mon plein gré,  la vedette de l’après-midi ; les jardins vont bavarder jusque tard dans la soirée.

Et chacun finit par s’en retourner chez soi. Je suis  pour ma part bien silencieuse car , mes chères, j’étions deux depuis peu et j’ l’avions point dit.

 Bien sûr, j'ai gardé toute mon amitié au sureau. Je n'en ai pas dans mon jardin, mais il en pousse dans le jardin du curé, mon voisin.Et ces belles branches généreusement garnies débordent chez moi.Une année, j'ai cueilli les ombelles avec lesquelles j'ai préparé un vin mousseux...très mousseux..un rien explosif même.La cave s'en souvient encore. Et quand je dis à ma fille cadette qu'il me semble qu'elle est "piquée", elle me répond  qu'elle n'y est pour rien...

Voilà! Aux  réunions de famille,  il a  souvent été question de ces guêpes-là et nous avons bien taquiné Tonton-Sureau qui ne pouvait lâcher des yeux sa jeune nièce debout au milieu de sa cuisine." Quelle aubaine"' disait-il  à mon beau-père, Marcel,quelle aubaine!!!!

8 commentaires:

  1. J'avais pensé à une ruche et des abeilles. Décidément tes expériences avec le sureau se terminent mal. Après ce problème est-tu devenue allergique aux piqures ? J'ai eu la même mésaventure enfant et depuis la moindre petite piqure c'est : œdème de Quincke et les urgences. Pas besoin de traduire, la phrase dans son contexte se comprend parfaitement.
    Merci pour ta petite scènette avec une distribution prestigieuse. Elio, Linda et Michelaise vont être ravis ils l'attendaient eux aussi.
    Bisous et belle journée.

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    1. En fait, les guêpes se sont concentrées sur la partie protégée de mon individu, ce qui m'a sauvée d'une aventure hospitalière.une ou deux piqûres sur les jambes, pas de quoi s'affoler..mais les guêpes me font peur..j'ai été piquée, une fois encore, dans le creux de la main, il y a quelques années en allant porter des vidanges de mousseux à la bulle...j'ai attendu..pas de réaction...Ce qui nous a fait rire par après c'est la vitesse avec laquelle je me suis dévêtue...:-)))et Tonton-Sureau qui n'en perdait pas une ..tout en s'inquiétant, bien sûr...
      Bises et belle journée..

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  2. Un joli récit pour une anecdote qui fait sourire (avec le recul...)
    Je t'embrasse, Danielle.

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  3. Avec le recul, oui, Norma...mais les guêpes...j'en ai une peur bleue.
    je t'embrasse.
    Danielle

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  4. Bravo à la conteuse!!! Ton récit m'a bien fait sourire et sans arrière-pensée puisque l'histoire s'est bien terminée. Tu as raison de tenir les guêpes à distance désormais. C'est plus prudent après une telle aventure!
    Je t'embrasse.

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    1. Marie-Paule,je n'ose pas penser à ce qui me serait arrivé ..si "Marie-Chantelle" n'avait pas été là et si , la chaleur étant , je m'étais contentée d'une lingerie super légère...là c'était les urgences à coup sûr..mais OUF!
      Bises.

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  5. Tu as gardé ton sang-froid, bravo ! Ce n'est pas rien d'être attaqué par des guêpes. Avec le temps, on sourit mais quelle frousse ça a dû être.

    Merci d'avoir partagé ce souvenir avec nous, curieuses que nous sommes de tout savoir !

    Bonne journée.
    Linda

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  6. Quelle histoire ! Si bien racontée !
    Ici, mon amoureux est allergique aux piqûres de guêpes, il a fallu un jour l'emmener d'urgence à l'hôpital, il a été désensibilisé mais c'est resté un sujet d'inquiétude...
    A bientôt

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vol(s) de papillon

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