Trazegnies fut le siège d'une seigneurie puissante et indépendante à la limite du Duché de Brabant, du Comté de Hainaut et de la Principauté de Liège, ainsi que le berceau d'une des plus illustres familles d'Europe: plusieurs seigneurs de Trazegnies participèrent aux Croisades, l'un d'eux fut connétable de France sous Saint Louis, un autre épousa par procuration au nom de Charles-Quint l'Infante du Portugal, Jean III fut nommé Chevalier de la Toison d'Or, d'autres furent investis de hautes fonctions par les gouverneurs des Pays-Bas.
La maison de Trazegnies possédait un château digne d'elle. De la demeure fortifiée construite par Gilles 1er, il subsiste les
caves romanes, témoignages rare du XIème siècle.
Le château fort fut saccagé et incendié en 1554 par les troupes du Roi de France Henri II. L 'ensemble du château a été reconstruit à la fin du XVIème siècle mais la partie inférieure du châtelet d'entrée est un vestige du XIIIème siècle.
 |
| Photo du net, voir sources |
Au début du XVIIème siècle Gillion-Othon de Trazegnies fit ériger le splendide corps de logis, joyau du château actuel et document presque unique en Belgique de l'architecture de style Louis XIII.
A la mort du dernier marquis de Trazegnies de la branche aînée en 1862, le domaine passa à sa nièce puis à une société de charbonnière qui le morcela avant de le vendre à des particuliers qui, à leur tour en 1913, le cédèrent à l'Etat.
En 1922, la tour d'angle s'écroula, ne laissant ainsi dans son soubassement que la cave gothique où on peut voir un pilier central de mouluration typique de l'architecture gothique hennuyère du XVIème siècle: chapiteau à pans coupés, base et fût de colonne monostyle entièrement en pierres bleues du pays. Cette colonne soutient des nervues divisant la vôute en 6 parties. Les nervures et vôutes sont en briques.En 1926, le château, abandonné, tombait en ruines et l'on parlait de le raser après l'avoir photographié.
C'est alors que se constitua l'association " Les Amis du Château de Trazegnies" ayant pour but la restauration, la conservation, l'entretien et la mise en valeur du monument, de ses dépendances, de son parc et de son site.
Une oeuvre gigantesque de consolidation et d'aménagement fut aussitôt entreprise et les restaurations les plus urgentes furent effectuées.
Ce n'est qu'après la deuxième guerre mondiale que le corps de logis Louis XIII fut restauré et que la seule tour d'angle du XVIème siècle qui subsistait encore, fut redressée.
En 1972, le ravissant châtelet d'entrée qui menaçait de s'écrouler a été parfaitement restauré.
La chapelle a aussi été restaurée ainsi que la bibliothèque et deux salles; dans l'une, on admirera un joli trumeau du XVIIIème siècle et dans l'autre, une cheminée en pierre bleue style renaissance du début du XVIIème siècle.
Les salons sont garnis de meubles Louis XV et Louis XVI et d'une collection de porcelaines de Tournai, d'argenteries, de pièces chinoises. Nous disposons d'un musée unique en Belgique "Vie et Travail de nos aïeux": sous la charpente du XVIème siècle s'étale une importante et remarquable collection de 3.000 outils et d'objets fin XIXème siècle, début XXème siècle évoquant 40 métiers artisanaux.
Le Château de Trazegnies reste là, debout, malgré toutes les mutilations subies, témoin d'un passé prestigieux et fidèle à sa devise " Tan Que Vive".
Le Blason :
Les armes des Trazegnies - écu bandé d'or et d'azur à l'ombre d'un lion brochant sur le tout, à la bordure engrêlée de gueules, placé sur un manteau de pourpre doublé d'hermine, frappé et houppé d'or, sommé d'une couronne de 5 fleurons - sont entourées du collier en or des "Chavaliers de la Toison d'Or" auquel est suspendu un bélier. Le tout est posé sur un manteau d'hermine avec l'inscription "TAN QUE VIVE" : la devise des Seigneurs de Trazegnies.
Le château a été magnifiquement restauré par des gens de bonne volonté lesquels le font vivre à l'heure d'aujourd'hui. C'est un endroit paisible, il fait bon s'installer sous la ramure du platane et penser à toutes les gentes dames qu'il a vu se pavaner dans la cour d'honneur.
Une exposition était installée dans les salles ,
je n'ai pas fait de photos.
(*) Arthur RIMBAUD